Nous accueillons ce soir Françoise Lemaître-Leroux, artiste atypique s'il en est. Depuis toujours elle pratique le dessin et l'enluminure. Au fil des années, des rencontres, d'un travail acharné, elle s'est frayé un chemin artistique surprenant : postimpressionnisme, surréalisme, symbolisme, enfin hyperréalisme. A chaque étape elle a su revisiter ces mouvements et se les approprier de façon très personnelle.

Ses œuvres présentent un lien évident avec la Renaissance italienne : recherche de la perfection esthétique, harmonie, maîtrise de la perspective, admiration pour l'architecture et les lois géométriques. Faisceaux de lignes, damiers, labyrinthes, puzzles, entrelacs, structurent chaque composition et mettent en valeur le sujet : le rêve, la vision, la conquête, la puissance de la mécanique, la compétition, la force du regard, l'opiniâtreté, la concentration, la détermination, la victoire.

Françoise Lemaître-Leroux observe le réel comme à travers la photographie. Mais au contraire des hyperréalistes qui peignent avec une virtuosité froide, elle vous fait partager émotions et sensations : vitesse, mouvement, vibrations, efforts, courage, vertige, prises de risque aux limites de l'extrême et du dépassement de soi. Les couleurs sont franches, puissantes, énergisantes, souvent rehaussées d'or et d'argent pour magnifier, glorifier ses personnages et inscrire leurs exploits dans l'éternité.

Les objets, eux-mêmes, sont sacralisés, irradiant d'énergie magnétique quasi hypnotique. C'est qu'à la manière des surréalistes, Françoise Lemaître-Leroux provoque des rencontres inattendues, des jeux d'esprit, des images oniriques car le rêve est omniprésent : rêve de victoire, rêve de Léonard (et sa cocotte en papier), rêve de pianiste, musique source de vie, rêve de golfeuse, magnifique exercice de style entre ombre et lumière, ou encore rêve de petite fille, dessin si émouvant d'enfance brisée qui se reconstruit peu à peu dans un parcours d'obstacles, grâce à l'imaginaire, la passion et la volonté d'avancer dans la vie pour aller toujours plus loin, toujours plus haut.

Tout l'art de Françoise Lemaître-Leroux est là.

Toute sa vérité est là.

Comme elle le clame elle-même : « DEVENIR AFIN D'EXISTER »

Nicole DUVAL
Vernissage de l'exposition à la Galerie Art-Culture-France à Caen
le 7 décembre 2012

Réalité poétique dans le Constructivisme

Il est des peintres dont on peut dire que le charme est immédiat dès la première vision et puis l’impression persiste. Signe tangible d’intemporalité et d’authenticité dans les ressentis, tel est le cas de Françoise LEMAÎTRE-LEROUX.

Il est curieux et fort agréable de constater l’influence de l’architecture dans ses compositions rigoureuses où rien n’est laissé au hasard. Au surplus sa féminité, sa sensibilité deviennent les instruments de ses créations.

Tel un précurseur, Françoise nous fait redécouvrir la symétrie, l’équilibre, des plans décalés et destructurés (Les Marches de la Gloire), des damiers, des sortes de puzzles (La Puissance de Feu), l’échappée d’un graphisme, des cercles (Les Athlètes de Berlin)... toutes ses oeuvres sont gorgées d’émotions intenses et le collectionneur ne peut que « s’y accrocher ». L’artiste joue ainsi l’opposition passé-présent telle Vision de Léonard de Vinci et dévoile une nouvelle conception du réalisme.

Françoise LEMAÎTRE-LEROUX réalise cet apparent paradoxe d’une sensualité intellectuelle à travers les sports principalement automobiles et motos et quelques corps d’athlètes en mouvement.

Son imaginaire apporte au réalisme la candeur d’une atmosphère toute particulière, le foisonnement d’une réflexion riche, une traduction énergique, un équilibre extrême entre la plastique et l’expressif.

Les toiles de Françoise à la technique irréprochable redonnent à celle-ci ses lettres de noblesse et son sens véritable du dessin. Elle parvient à libérer la forme habituelle froide et rigide par un nouveau modernisme et ce, grâce à son élégance du geste et la justesse des valeurs chromatiques. L’artiste est douée d’une intensité émotionnelle esthétique certainement liée à une sensibilité exacerbée. Chacune de ses toiles malgré ce réalisme, reste un mystère, laisse le visiteur dans l’expectative et l’émerveillement, cela se nomme le charme. Parfois, quelque chose de mystique peut expliquer cet étrange phénomène. Certainement de grandes convictions spirituelles animent cette belle artiste; une vie intérieure riche, intense, lui fait nous amener à l’essentiel.

Le dessin est sans faille, sans détour, sans aucune hésitation... un certain regard sur l’avenir certes, mais surtout témoignages de choses vues, de sensations vécues, de joie et de tristesse ressenties au plus profond d’elle-même.

Toutes les créations de Françoise naissent de l’unité d’un ensemble, des recherches dans son écriture picturale unique, pour réaliser une peinture originale se moquant des modes et des courants.

La palette riche et haute en couleurs est toujours étincelante, s’impose et est proche du raffinement. La proximité des teintes ne choque pas, le cloisonnement de celles-ci bien intégré au graphisme apporte vie et mouvement à chacune des oeuvres. L’artiste a pris le parti de modeler par les valeurs, en dosant ombres et lumières et c’est l’affaire de Françoise de donner formes, matières, dans l’espace de la toile, quel qu’en soit le format.

Entre douceur et abrasion, féminin et masculin, voitures, motos, corps en action, les oeuvres se marient harmonieusement dans une mise en page bien rythmée et parfois musicale, tels « Chef d’orchestre et Gammes sportives ». On ressent dans les structures labyrinthiques où apparaissent des partitions, l’influence importante de la musique chez l’artiste, une intense concentration et dans leurs tourbillons multicolores, elles espèrent le regard de l’âme. Ses oeuvres exercent un grand pouvoir de séduction et fascination.

Un vent sulfureux souffle sur les toiles de Françoise LEMAÎTRE-LEROUX, une sorte de poésie incantatoire aussi. Elles irradient dans leur insolente et silencieuse beauté. Superbe !

Un métier affirmé, une véritable artiste à suivre avec un intérêt tout particulier...

Dominique CHAPELLE
Critique d’Art - Expert en Art Moderne
Présidente Fondatrice de la Fédération Nationale de la Culture Française
Présidente de la Société des Artistes Indépendants - Grand Palais - Paris
Juin 2010

Dans un geste précis, Françoise Lemaître-Leroux affirme un style très personnel et nous révèle le monde du sport automobile sous un angle original.

Subtile dualité de la tradition et de la modernité, la vigueur des tonalités irradie au delà même des limites de la toile.

Contrepartie des compositions généreuses, les bleus azurs et les blancs joyeux valorisent des rouges éclatants qui seront eux-mêmes ensoleillés par des jaunes tonifiants.

A chaque étape de sa création l’artiste retrouve avec toujours plus de vigueur la lumière et la puissance qu’évoquent, dans une réflexion très contemporaine, les automobiles rutilantes de ses tableaux.

Avec Françoise Lemaître-Leroux le drapeau à damier signe toujours l’envol vers une vigoureuse émotion …….

Bernard Boscher
Expert, Critique C.E. U

Depuis près de trente années, Françoise Lemaître-Leroux se voue passionnément au dessin et à la peinture, en captant, au fil des jours les événements primordiaux, pittoresques ou spontanés qui ont marqué la vie de Rouen où crée cette artiste, née Dieppoise.

Une Normande bon teint, donc, qui déploie un talent original, maîtrisé et conduit avec brio grâce à son tempérament déterminé et combatif lorsqu'il s'agit de son art, de sa vie même.

Fidèle à l'impression dès ses débuts, l'artiste y déposait déjà une volonté de coloriste puissamment expressive, et sous la vigueur de cette touche pointait charme et sortilège d'un réalisme plus élaboré, et proche de son époque.

Ainsi, tout en glanant nombre de prix reconnaissant justement son talent, Lemaître-Leroux se spécialisa-t-elle dans le portrait, puis se glissa avec délice dans les attraits dynamiques du surréalisme.

Cette effervescence picturale pleine d'imagination l'a menée vers l'action et la minutie brillante d'un fulgurant hyper-réalisme sportif, un véritable défi que Lemaître-Leroux continue et perfectionne en une vision onirique et mécanique, que poursuivent ses peintures à la feuille d'or ou d'argent d'un onirisme aussi fabuleux qu'enthousiasmant et vital.

André RUELLAN
www.art-culture-france.com

L’image et de symbole

C’est la période de formation d’un peintre qui, la plupart du temps, décide durablement de son avenir. Pour Françoise Lemaître-Leroux, celle-ci fut jalonnée de rencontres avec des artistes de renom. Outre le fait qu’elle fut l’élève de Robert Savary à l’Ecole des Beaux Arts de Rouen, elle eut parallèlement la chance de travailler sur le motif aux côtés de Gaston Sébire, André Raffin et Albert Malet, peintres qui ont incontestablement marqué leur temps de leur empreinte. En découvrant leur univers, la jeune artiste s’imprégna de tout ce qui allait nourrir son approche du métier. D’abord versée dans la peinture de paysage, où elle fit preuve de sensibilité dans son traitement de la couleur, elle comprit cependant que son destin était ailleurs. Ce ne fut pas un reniement, mais une simple prise de conscience dont une nouvelle rencontre allait constituer le déclic.

Au début des années 1980, Françoise Lemaître-Leroux eut la chance d’être reçue par Salvador Dali dans sa « sybaritique » maison de Port-Lligat. « Si vous aviez un seul conseil à prodiguer à un jeune peintre, quel serait-il ? » demanda-t-elle au maître des lieux. « Je lui dirais de s’inscrire dans la plus grande école de dessin si jamais il en existait une ! » fut la réponse que lui donna Dali. Forte de cette recommandation sans équivoque, elle allait désormais s’efforcer d’en tirer le meilleur profit. « Ce fut pour moi un grand tournant, avoue-t-elle. A partir de cette période, je me suis mise à travailler avec une nouvelle exigence, dans un esprit proche de l’hyperréalisme, en ajoutant à mon travail quelques éléments symboliques. Cette recherche formelle trouva sa pleine illustration dans Le grand prix de Chine où le dragon enserre dans ses griffes le volant d’une Ferrari. Dali m’avait donné une direction, m’aidant à découvrir ma vraie personnalité. Ce fut une formidable révélation.»

Jalonnée de symboles, la peinture de Lemaître-Leroux fascine par son application technique et sa délectable obsession du détail. Célébrant massivement le sport et la compétition automobile, elle ne se confine pas dans le spectaculaire mais cherche à exprimer l’idée de dépassement, d’énergie, de victoire sur soi-même. C’est dans la tension vers un but, une performance ou un record que l’Homme transcende sa condition mortelle et peut atteindre ce que certains appellent l’instant parfait, celui qui fait d’un athlète un champion, une figure emblématique, un modèle pour toute une génération… Un titan ! Cette idée s’exprime par de multiples voies. Dans la composition de chaque sujet, le peintre veille toujours à glisser quelques détails tendant à démultiplier la lecture même de l’œuvre. Le mouvement, par exemple, s’inscrit fréquemment dans une forme qui donne un sens particulier à la peinture : Le centenaire du rugby en est peut-être l’illustration la plus synthétique. Lemaître-Leroux s’attache ainsi au sens invisible des choses, à tout ce qui éclaire leur signification cachée. L’or, en qui les alchimistes voient l’état de perfection de la matière et de l’esprit, se trouve relativement présent dans les thèmes abordés par l’artiste. Il se marrie idéalement avec le rouge de la Scuderia Ferrari. « Quand je peins une voiture de course, mon mental rentre dans l’auto » commente l’artiste, montrant par là combien elle fait corps avec chaque thème pour en exprimer l’essence même.

Mise à l’honneur sur le site de Cambridge Expertise, qui lui ouvre ainsi un portail vers la culture anglo-saxonne, la peinture de Lemaître-Leroux bénéficia du parrainage officiel du Comité national Olympique et Sportif Français à l’occasion des Jeux Olympiques de Barcelone, au cours de l’été 1992. Une exposition mémorable lui fut alors consacrée avec le concours du Royal automobile club de Catalogne qui lui voua entièrement ses cimaises. Cet événement eut une certaine répercussion sur sa carrière et allait infailliblement décider de ses choix futurs. L’une de ses toiles, qui illustre l’exploit du coureur Carl Lewis, est entrée dans les collections du Musée Olympique de lausanne. Un autre tableau est exposé dans le Palais du Roi Juan Carlos d’Espagne. Au cours d’une manifestation consacrée au Rugby (L’art emmêlé, Au-delà du sport), une toile de Lemaître-Leroux fut très officiellement présentée à l’Hôtel de Ville de Paris, en 2003, parmi une quarantaine d’artistes renommés. Ces quelques références suffisent à éclairer le chemin patiemment parcouru par Lemaître-Leroux depuis sa décisive rencontre avec Dali. Quant au milieu de la compétition automobile, il fait pleinement partie de l’univers du peintre : Jean-Pierre Beltoise, René Arnoux, Jean Alesi, Jacques Laffite figurent dans son précieux cercle d’amis.

Outre le sport et le vrombissement des moteurs lancés à toute allure sur les circuits du monde entier, les vibrations de la musique, la vie et la naissance de l’homme sont des thèmes qui nourrissent l’inspiration du peintre. « Tout part de l’intériorité, déclare-t-elle, La nature m’a beaucoup appris. C’est par là que j’ai commencé. Et puis, au fil du temps, j’ai commencé à voir les choses sous un autre angle. Dans un tableau, les éléments que l’on représente doivent entretenir des liens intimes. Tout ce que l’on inscrit sur la toile doit être porteur de sens. »

De fait, chaque œuvre de Lemaître-Leroux exige une certaine attention pour être pleinement assimilée. Rien n’y semble laissé au hasard. Le manège du monde s’y déploie dans le tourbillon du désir. Une rigueur ascétique y structure le geste du peintre dont la vie intérieure s’exprime sous le grand sablier du temps.


Luis PORQUET
Octobre 2006

« Dans l'écrin fabuleux du vacarme »
Texte rédigé à l'occasion d'une exposition qui s'est tenue du 22 mai au 9 juin 2001 à Monaco.

Étonnant et séduisant parcours que celui du peintre Lemaître-Leroux. Culture classique, sage, respectueuse, peu à peu revisitée par la séduction impressionniste et ses grandes baies ouvertes sur la lumière et sur la joie. Le choc, enfin, de la rencontre avec Dali et le basculement vers la folie méticuleuse du surréalisme.

Cheminement, de la certitude à la remise en cause. Recherches, mutations, travail forcené mais libérateur, le style - hyper réaliste - est au bout du chemin. Mais il faut que la ligne bouge et que l'oeil y trouve son compte en même temps que l'esprit.

Alors, Françoise Lemaître-Leroux (oui, le peintre est une femme) découvre le sport et ses explosions de formes et de couleurs. Aux JO de Barcelone, elle sacralise l'athlète. A Monaco, écrin fabuleux du vacarme de la course, elle s'enthousiasme aux exploits légendaires des seigneurs de la Formule Un. Étonnant cocktail de minutie et de violence, de décalage et d'évidence, le cru 2001 de ses oeuvres ne pouvait rêver plus belle escale que la Principauté à l'heure de son Grand Prix.

Roger Biot

Barcelone 1992

Fidèle à la charte qui régit le mouvement olympique et à l'idée d'olympisme culturel, tout en célébrant l'esprit de beauté qui se trouve incarné dans le sport, la présente exposition nous propose une série de créations plastiques à travers lesquelles l'artiste exprime tout à la fois l'esprit d'effort de la compétition sportive et une certaine quête esthétique qui lui est liée. C'est dans cette disposition que l'artiste nous présente une sélection de dessins et de peintures par lesquels se manifeste la beauté plastique du sport.

Mais elle a fait davantage encore en mettant en lumière la Barcelone olympique, la Barcelone de 1992, rénovée selon nos voeux. A ce niveau, il convient de souligner que le peintre a su s'approcher de la réalité objective de la ville qui a accumulé plus de mille ans d'histoire et qui, en dépit de notre désir de modernisation, demeure la Barcelone de toujours. Les dessins exposés sont bien documentés et font preuve de sensibilité comme de sincérité d'expression, à l'image même de ce que nous découvrons à travers les peintures et les insinuations de l'artiste, où nous pouvons déceler la part surréaliste de l'oeuvre, qui parfois prend un caractère plus spirituel, plus poétique.

Il faut en outre saluer l'hommage que l'artiste rend à la capitale catalane à travers Antoni Gaudi et son merveilleux chef-d'oeuvre, la Sagrada Familia (la Sainte Famille), cathédrale des pauvres, réalisation magistrale de notre temps et création architecturale d'une authentique avant-garde.

Josep MARESMA I PEDRAGOSA
Critique d'art
Membre d'ICOM
(Traduction condensée assurée par Luis Porquet)

Barcelone 1992

Quand l'imagination, l'intelligence, le goût, le talent sont mis au service du Sport pour réaliser une oeuvre d'Art exceptionnelle, on réalise l'exploit d'associer, comme le souhaitait si profondément Pierre de Coubertin, le sport et la culture, mieux à intégrer le Sport dans la Culture.

Comment ne pas exprimer à Mme Lemaître-Leroux mon admiration pour son immense talent, et ma profonde gratitude pour avoir choisi le "Sport" comme source d'inspiration.

100 ans après la déclaration de Coubertin à la Sorbonne pour la rénovation de l'Olympisme, on ne pouvait souhaiter une meilleur hommage que le votre, chère Madame.

Encore bravo et merci du fond du coeur

Monsieur Nelson PAILLOU
Président du Comité Olympique Français
6ème successeur de Monsieur Pierre De Coubertin

 
 
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